le prdt de ffr treize sur l'independant, qu' en pensez-vous?
Posté : 26 janv. 2005, 10:23
Rugby à XIII : "Il n’est pas question de nous laisser marcher dessus"
La route est longue et la pente est rude, mais le successeur de Jean-Paul Ferré n’est pas du genre à jeter la cognée. Le Toulousain de Carcassonne s’est confié sans hésiter, à deux pas du stade Albert-Domec. En revue, les Bleus, le calendrier, l’élite, la télé, la tournée…
Jusqu’à quand Mick Aldous, l’entraîneur australien, restera-t-il en place?
Comme prévu, jusqu’au terme de son contrat, le 31mars.
Il vient de me remettre un rapport de 120 pages sur les activités des équipes de France, accompagnera les juniors tricolores en Angleterre le mois prochain, et se penche sur la détection des cadets.
Gilles Dumas est-il le favori à sa succession comme coach des Bleus?
Je reconnais personnellement les compétences du Saint-Gaudinois, mais aucun nom n’est avancé, dans la mesure où il convient au préalable de dégager le profil type du futur entraîneur. Et ce dernier devra être professionnel à 100%. J’attends également le rapport du manager tricolore, Thierry Astouls, et en suivant la succession de Mick sera discutée en comité directeur.
L’affaire liée au nombre d’étrangers par club est-elle votre principal souci, actuellement?
C’est un problème récurrent depuis trois ou quatre ans. Et la situation est très compliquée. Les arrêts Bosman et Malaja (donnant raison à des sportifs contre leur fédération) ne sont que des arrêts, même si jusqu’à aujourd’hui ils font jurisprudence. Il n’y a pas, en cause, que la libre circulation des travailleurs appartenant à la Communauté européenne. Il existe aussi les accords de Cotonou, où des ressortissants de pays, comme ceux du Pacifique, peuvent également travailler en toute liberté sur notre continent. Ce sera aux clubs d’élite de se mettre une bonne fois pour toutes d’accord, le 25janvier à Marseille. Sachant qu’ils avaient déjà décidé à l’unanimité d’adopter le principe de cinq étrangers, sans compter les assimilés. Sachant, surtout, que le vrai débat est celui-là: un trop grand nombre d’étranger par club porte-t-il atteinte au développement du rugby à XIII français?
Qu’y aura-t-il au programme du prochain comité directeur?
La réunion du 12février sera articulée autour de nos deux chantiers prioritaires, le développement et la formation. Celle des joueurs comme des dirigeants, car plus les budgets grandissent et plus le besoin d’une saine gestion se fait sentir.
Qu’est-ce qui vous a le plus réjoui, depuis le mois de juillet?
Pas grand-chose, tellement le dysfonctionnement fédéral est flagrant. Il empêche l’engagement des réformes nécessaires, toute notre énergie étant concentrée sur des problèmes quotidiens. J’ai néanmoins noté que Mick Aldous est parvenu à ce que les joueurs tricolores prennent du plaisir, en osant sur un terrain. On sent par ailleurs une envie de participer, de la part des petits clubs. Ils ont compris qu’on leur demandait leur avis. Les grands clubs, eux, s’organisent au sein de la Ligue Elite Rugby XIII, où Julien Rinaldi devrait bientôt siéger comme représentant des internationaux. J’ai encore observé une écoute certaine de la part du Ministère des Sports, qui a manifesté sa volonté de nous aider.
Et le plus peiné?
Je suis satisfait de la couverture médiatique de la presse régionale, absolument pas de celle de la presse nationale. Je tente actuellement d’élucider ce problème. De savoir par exemple si la raison avancée par France 2 de ne pas avoir effectué comme prévu un reportage autour de UTC-Londres, est la bonne. Existe-t-il une guerre souterraine menée par notre concurrent? Si c’est le cas, nous mènerons le combat car il n’est pas question de nous laisser marcher dessus. Nous avons une histoire, nous avons pesé sur l’échiquier du sport français, et ainsi nous revendiquons le fait de ne pas être traité comme le water-polo.
Caressez-vous toujours l’espoir de voir un match retransmis par une autre chaîne que Sport +, cette année ou la suivante?
Nous nous battons tous les jours pour cela, et il faut préciser qu’il n’y a actuellement riende signé avec Sport +. Nous discutons, sur la base des bonnes relations instaurées par mon prédécesseur, avec cette chaîne certes du XV, mais qui a le mérite de considérer le XIII. Et les droits de retransmission restent la propriété de la fédération. Laquelle doit produire un programme diffusé sur l’antenne, "habiller" commercialement le match.
Imaginez que vous soyez le président de l’UTC: avec quels joueurs français aimeriez-vous, en 2006, enrichir votre effectif actuel?
Ferriol, qui a devant lui une belle marge de progression, le jeune attaquant toulousain Almuzara, Jérôme Hermet, Casty, et évidemment Elima et Grésèque. Ce dernier m’a fortement impressionné, à l’automne dernier. Pas seulement par sa fougue et par son talent. Egalement par son comportement hors du terrain, la qualité de son investissement.
Quel stade a votre préférence pour accueillir cette année la finale de la Coupe?
C’est décidé, ce sera Carcassonne, où traditionnellement le public se rend en masse lors des grands événements.
Et pour celle du championnat?
Pas celui de Toulouse, en août. Béziers me semble un peu trop à l’intérieur des terres pour espérer accueillir autant de touristes qu’à Narbonne.
La tournée du XIII de France aux antipodes en 2005 est-elle toujours d’actualité?
Oui, d’autant que Néo-Zélandais et Australiens en ont fait la demande. Mais je tiens à prendre en considération la santé de nos joueurs. Je ne veux pas les voir, surtout ceux de l’UTC, disputer une quarantaine de matches par saison.
Aussi enverra-t-on peut-être, de la mi-septembre à la mi-octobre, un groupe rajeuni disputer deux tests en Nouvelle-Zélande, un ou deux "matches de campagne", plus un France-XIII du Président australien.
Parce que l’Angleterre, également, souhaite nous affronter, et qu’en novembre il y aura la Coupe d’Europe des nations, plus probablement une rencontre face à l’Australie, une autre devant la Nouvelle-Zélande, qui se rendront de nouveau en Grande-Bretagne pour les Tri-Nations.
Auxquels ne participeront pas les Bleus?
C’est trop tôt, le but n’étant pas de casser la machine, mais de monter lentement mais sûrement en puissance d’ici la Coupe du monde 2008. La France participera par contre peut-être aux Tri-Series 2006, qui auront lieu en Australie.
Quand connaîtra-t-on la date du coup d’envoi du championnat 2005-2006?
Le plus tôt possible, j’espère. J’aimerais bien ne pas attendre juin, même si les clubs souhaitent peut-être d’abord savoir si le succès populaire sera au rendez-vous en juillet et août. En fait, le XIII sport d’été ou pas, ce n’est pas mon problème. Mon souci est d’essayer de concilier les intérêts du XIII de France et ceux des clubs. Chez nous, il existe une tradition hivernale, et il est toujours possible de débuter en septembre puis d’ouvrir en novembre une fenêtre consacrée aux matches internationaux. Mais le XIII l’été, cela peut être sympa.
Si Lyon ne parvient pas, dans les deux ans, à se montrer compétitif en élite, seriez-vous prêt à tendre la perche à Marseille?
Nous ne sommes pas le foot, et voir Lyon prendre 40 points par Salses, ça n’est pas normal. Maintenant, les autres clubs d’élite ont-ils fait preuve de la solidarité souhaitée par les Lyonnais? De plus en plus de joueurs sont sous contrat dans leurs clubs, et peuvent ainsi être prêtés. Nous sommes désormais de toute façon dans un système de franchises, donc on peut aussi retrouver demain en élite Lyon et Marseille, qui travaille dans ce sens.
Craignez-vous toujours de voir des treizistes passer à XV?
Je vois surtout l’équipe de France à 7 servir de voie de garage pour quelques anciens de nos licenciés. Ce qui doit faire réfléchir. Mais nous n’avons pas les moyens financiers de faire nous-mêmes signer des contrats à huit ou neuf joueurs prioritaires, et je n’en voudrai pas à un international de changer de camp, c’est la loi du milieu pro.
Recueilli par Hervé Girette
lu ce matin de rtt neigeuse dans l'indep,
La route est longue et la pente est rude, mais le successeur de Jean-Paul Ferré n’est pas du genre à jeter la cognée. Le Toulousain de Carcassonne s’est confié sans hésiter, à deux pas du stade Albert-Domec. En revue, les Bleus, le calendrier, l’élite, la télé, la tournée…
Jusqu’à quand Mick Aldous, l’entraîneur australien, restera-t-il en place?
Comme prévu, jusqu’au terme de son contrat, le 31mars.
Il vient de me remettre un rapport de 120 pages sur les activités des équipes de France, accompagnera les juniors tricolores en Angleterre le mois prochain, et se penche sur la détection des cadets.
Gilles Dumas est-il le favori à sa succession comme coach des Bleus?
Je reconnais personnellement les compétences du Saint-Gaudinois, mais aucun nom n’est avancé, dans la mesure où il convient au préalable de dégager le profil type du futur entraîneur. Et ce dernier devra être professionnel à 100%. J’attends également le rapport du manager tricolore, Thierry Astouls, et en suivant la succession de Mick sera discutée en comité directeur.
L’affaire liée au nombre d’étrangers par club est-elle votre principal souci, actuellement?
C’est un problème récurrent depuis trois ou quatre ans. Et la situation est très compliquée. Les arrêts Bosman et Malaja (donnant raison à des sportifs contre leur fédération) ne sont que des arrêts, même si jusqu’à aujourd’hui ils font jurisprudence. Il n’y a pas, en cause, que la libre circulation des travailleurs appartenant à la Communauté européenne. Il existe aussi les accords de Cotonou, où des ressortissants de pays, comme ceux du Pacifique, peuvent également travailler en toute liberté sur notre continent. Ce sera aux clubs d’élite de se mettre une bonne fois pour toutes d’accord, le 25janvier à Marseille. Sachant qu’ils avaient déjà décidé à l’unanimité d’adopter le principe de cinq étrangers, sans compter les assimilés. Sachant, surtout, que le vrai débat est celui-là: un trop grand nombre d’étranger par club porte-t-il atteinte au développement du rugby à XIII français?
Qu’y aura-t-il au programme du prochain comité directeur?
La réunion du 12février sera articulée autour de nos deux chantiers prioritaires, le développement et la formation. Celle des joueurs comme des dirigeants, car plus les budgets grandissent et plus le besoin d’une saine gestion se fait sentir.
Qu’est-ce qui vous a le plus réjoui, depuis le mois de juillet?
Pas grand-chose, tellement le dysfonctionnement fédéral est flagrant. Il empêche l’engagement des réformes nécessaires, toute notre énergie étant concentrée sur des problèmes quotidiens. J’ai néanmoins noté que Mick Aldous est parvenu à ce que les joueurs tricolores prennent du plaisir, en osant sur un terrain. On sent par ailleurs une envie de participer, de la part des petits clubs. Ils ont compris qu’on leur demandait leur avis. Les grands clubs, eux, s’organisent au sein de la Ligue Elite Rugby XIII, où Julien Rinaldi devrait bientôt siéger comme représentant des internationaux. J’ai encore observé une écoute certaine de la part du Ministère des Sports, qui a manifesté sa volonté de nous aider.
Et le plus peiné?
Je suis satisfait de la couverture médiatique de la presse régionale, absolument pas de celle de la presse nationale. Je tente actuellement d’élucider ce problème. De savoir par exemple si la raison avancée par France 2 de ne pas avoir effectué comme prévu un reportage autour de UTC-Londres, est la bonne. Existe-t-il une guerre souterraine menée par notre concurrent? Si c’est le cas, nous mènerons le combat car il n’est pas question de nous laisser marcher dessus. Nous avons une histoire, nous avons pesé sur l’échiquier du sport français, et ainsi nous revendiquons le fait de ne pas être traité comme le water-polo.
Caressez-vous toujours l’espoir de voir un match retransmis par une autre chaîne que Sport +, cette année ou la suivante?
Nous nous battons tous les jours pour cela, et il faut préciser qu’il n’y a actuellement riende signé avec Sport +. Nous discutons, sur la base des bonnes relations instaurées par mon prédécesseur, avec cette chaîne certes du XV, mais qui a le mérite de considérer le XIII. Et les droits de retransmission restent la propriété de la fédération. Laquelle doit produire un programme diffusé sur l’antenne, "habiller" commercialement le match.
Imaginez que vous soyez le président de l’UTC: avec quels joueurs français aimeriez-vous, en 2006, enrichir votre effectif actuel?
Ferriol, qui a devant lui une belle marge de progression, le jeune attaquant toulousain Almuzara, Jérôme Hermet, Casty, et évidemment Elima et Grésèque. Ce dernier m’a fortement impressionné, à l’automne dernier. Pas seulement par sa fougue et par son talent. Egalement par son comportement hors du terrain, la qualité de son investissement.
Quel stade a votre préférence pour accueillir cette année la finale de la Coupe?
C’est décidé, ce sera Carcassonne, où traditionnellement le public se rend en masse lors des grands événements.
Et pour celle du championnat?
Pas celui de Toulouse, en août. Béziers me semble un peu trop à l’intérieur des terres pour espérer accueillir autant de touristes qu’à Narbonne.
La tournée du XIII de France aux antipodes en 2005 est-elle toujours d’actualité?
Oui, d’autant que Néo-Zélandais et Australiens en ont fait la demande. Mais je tiens à prendre en considération la santé de nos joueurs. Je ne veux pas les voir, surtout ceux de l’UTC, disputer une quarantaine de matches par saison.
Aussi enverra-t-on peut-être, de la mi-septembre à la mi-octobre, un groupe rajeuni disputer deux tests en Nouvelle-Zélande, un ou deux "matches de campagne", plus un France-XIII du Président australien.
Parce que l’Angleterre, également, souhaite nous affronter, et qu’en novembre il y aura la Coupe d’Europe des nations, plus probablement une rencontre face à l’Australie, une autre devant la Nouvelle-Zélande, qui se rendront de nouveau en Grande-Bretagne pour les Tri-Nations.
Auxquels ne participeront pas les Bleus?
C’est trop tôt, le but n’étant pas de casser la machine, mais de monter lentement mais sûrement en puissance d’ici la Coupe du monde 2008. La France participera par contre peut-être aux Tri-Series 2006, qui auront lieu en Australie.
Quand connaîtra-t-on la date du coup d’envoi du championnat 2005-2006?
Le plus tôt possible, j’espère. J’aimerais bien ne pas attendre juin, même si les clubs souhaitent peut-être d’abord savoir si le succès populaire sera au rendez-vous en juillet et août. En fait, le XIII sport d’été ou pas, ce n’est pas mon problème. Mon souci est d’essayer de concilier les intérêts du XIII de France et ceux des clubs. Chez nous, il existe une tradition hivernale, et il est toujours possible de débuter en septembre puis d’ouvrir en novembre une fenêtre consacrée aux matches internationaux. Mais le XIII l’été, cela peut être sympa.
Si Lyon ne parvient pas, dans les deux ans, à se montrer compétitif en élite, seriez-vous prêt à tendre la perche à Marseille?
Nous ne sommes pas le foot, et voir Lyon prendre 40 points par Salses, ça n’est pas normal. Maintenant, les autres clubs d’élite ont-ils fait preuve de la solidarité souhaitée par les Lyonnais? De plus en plus de joueurs sont sous contrat dans leurs clubs, et peuvent ainsi être prêtés. Nous sommes désormais de toute façon dans un système de franchises, donc on peut aussi retrouver demain en élite Lyon et Marseille, qui travaille dans ce sens.
Craignez-vous toujours de voir des treizistes passer à XV?
Je vois surtout l’équipe de France à 7 servir de voie de garage pour quelques anciens de nos licenciés. Ce qui doit faire réfléchir. Mais nous n’avons pas les moyens financiers de faire nous-mêmes signer des contrats à huit ou neuf joueurs prioritaires, et je n’en voudrai pas à un international de changer de camp, c’est la loi du milieu pro.
Recueilli par Hervé Girette
lu ce matin de rtt neigeuse dans l'indep,